Portrait de Pierre Andrès

À partir des années 1976-77, l’âge de la retraite ayant sonné, il commence une deuxième carrière en créant ce qu’on appellera « Les Machines Singulières ». Partant de diverses techniques existantes, il les transpose dans des machines exclusivement faites en bois : plans inclinés, chute de marche en marche, engrenages, arbre à came, poulies, leviers, pédales, volants…
Il invente aussi différents systèmes pour faire remonter les boules de buis, dont la plus connue est la « Pompaboule ».

En tant qu’ancien enseignant, son souci pédagogique est constant. Il fait tester ses premières machines par des familles amies. Le caractère ludique s’impose et l’on découvre des balançoires, des labyrinthes, des loteries, des flippers… Certains systèmes se cachent dans un cochon, une vache, un âne, une girafe ou un éléphant. Les enfants sont aux anges. Les adultes se laissent facilement prendre au jeu. Pour que les machines fonctionnent, la participation des visiteurs est requise avec leur habileté, leur sens de l’observation ou de l’humour. Le sens artistique de Pierre Andrès confère à ses machines une esthétique indéniable, en faisant d’elles des objets d’art.

Détail de la Pompaboule de Piere Andrès
Détail de la Pompaboule de Piere Andrès

Pierre ANDRES est né à Friesenheim (Bas-Rhin) le 21 septembre 1922 et décédé à Pont-Salomon (Haute-Loire) le 10 juillet 2011.

Déplacé en Dordogne avec toute sa famille au début de la guerre 39-45, il y reste et obtient un brevet élémentaire qui lui ouvre une carrière d’instituteur. Nommé dans un petit village du Lot où il s’ennuie profondément, jusqu’à ce qu’un professeur de dessin lui révèle ses talents d’artiste et lui conseille d’intégrer les Beaux-Arts, ce qu’il fera en allant à Lyon, dans la section peinture. Au bout de deux ans il s’engage dans la Brigade Alsace Lorraine, puis en 1945 poursuit ses études aux Beaux-Arts de Paris où il retrouve sa future épouse avec laquelle il se mariera en 1947. Il reprend alors son métier d’instituteur dans le Lot où il applique la méthode Freinet dans un milieu paysan où seules comptent les résultats scolaires. Dans ses temps libres il peint, fait des photos qu’il développe lui-même et tourne des petits films avec ses trois enfants.

Ce n’est que dans les années 1970, étant Maître d’application à l’École normale d’instituteurs de Cahors, qu’il rencontre un professeur de mathématiques qui lui suggère de créer des objets susceptibles d’éveiller chez les enfants le sens de l’espace et du temps. Pierre Andrès imagine alors de faire rouler des boules sur des plans plus ou moins inclinés, les faisant cascader, apparaître, disparaître, puis réapparaître et même remonter !

Ces machines, outre leur qualité artistique appartiennent à la pédagogie, au jeu, à la technique et au son. La circulation des boules provoque une sonorité qui a conduit Pierre à rechercher des sons et des rythmes musicaux.

C’est ainsi que le chanteur Steve Waring utilise ces machines pour certains de ses spectacles comme « Fais voir le son ». La conteuse Mimi Barthélémy s’est servie d’un fameux « oranger magique » créé à son intention pour la narration de ses contes Haïtiens.

Pierre Andrès est inclassable. Tout autant artiste que pédagogue, il a noué des liens avec nombre de créateurs et d’enseignants. Mais aussi avec un vaste public qui le retrouvait à l'occasion des centaines d’expositions qu’il a réalisées à travers la France et à l’étranger entre les années 1975 et 2005.

Portrait de Pierre Andrès lors de son exposition « Les Machines Singulières » au Musée d’Arts Modernes de la ville de Paris en 1986.

Musée Pierre Andrès
Musée Pierre Andrès

Musée Pierre Andrès
1295 Chemin de Péjuscla
46090 VILLESÈQUE

Depuis Cahors, suivre direction Montcuq.
(direction fléchée depuis la RD 653)

Plan d’accès au Musée Pierre Andrès
Plan d’accès au Musée Pierre Andrès